Pôles de compétitivité : l’union fait la force

Les pôles de compétitivité existent depuis maintenant une dizaine d’années. Dans l’industrie pharmaceutique, quel bilan peut-on tirer de ces regroupements ?

Les régions soutiennent l’innovation par le biais des pôles de compétitivité. Il en existe 7 en France dans le domaine de la Santé : Medicen sur la région Ile de France,  Lyon Biopôle en Rhône-Alpes,  Alsace Biovalley en Alsace, Cancer Bio Santé à Toulouse, Eurobiomed en PACA et Languedoc-Roussillon, Atlanpole BioThérapies autour de Nantes Atlantique et Nutrition-Santé-Longévité dans le Nord-Pas-de-Calais

Dynamiser les activités de recherche de nouveaux médicaments (en parallèle et ou en partenariat avec les labo universitaires) et celles de production, tel est l’objectif de ces pôles. Chercheurs de haut niveau et techniciens spécialisés contribuent au bon avancement des essais et tests. Ces pôles ont aussi pour but de favoriser l’émergence de projets innovants issus de collaborations entre recherche académique, hôpitaux, start-ups, PME et grandes entreprises. Il existe plusieurs beaux exemples de projets menés à bien et à forte visibilité internationale.

Les sept champions

En France, 71 pôles sont listés par le gouvernement, ce qui leur permet de bénéficier de subventions publiques, d’une part, et d’un régime fiscal spécifique, d’autre part. Ils peuvent notamment économiser jusqu’à 160 millions d’euros sous forme d’exonérations fiscales et allègements de charges. En contrepartie de ces avantages, ils sont supposés participer à la compétitivité de la France, notamment en évitant les délocalisations et en créant des emplois, surtout dans les zones les plus touchées par les difficultés économiques.

Sur les 71 reconnus comme tels par l’État, sept pôles sont classés dans la catégorie « biotechnologies et santé » : Alsace BioValley, Atlanpole Biothérapies, Cancer-Bio-Santé, Eurobiomed, LyonBiopole, Medicen, Nutrition Santé Longévité. S’y ajoutent PASS, tourné vers les produits naturels et ses applications, y compris pharmacologiques, et Vitagora, tournés vers la santé et la nutrition. En 2011, selon les chiffres du gouvernement, plus d’un salarié du secteur pharmaceutique sur cinq travaillait dans une structure affiliée à un pôle de compétitivité. Si l’industrie ne représente « que » sept pôle parmi les 71 que comptent la France, deux d’entre eux sont d’envergure mondiale (LyonBiopôle et Medicen) et un autre est de vocation mondiale (AlsaceBiovalley).

Décupler le potentiel de compétitivité

L’industrie pharmaceutique, comme les autres secteurs de l’économie, a parfaitement saisi l’intérêt de se regrouper pour décupler le potentiel de compétitivité de la filière. L’adage « l’union fait la force » reste l’un des leviers de croissance les plus intéressants pour les laboratoires. En effet, en joignant leurs forces, ils mutualisent les ambitions, les intelligences et les équipements. Chaque pôle implanté sur le territoire français revendique des « experts de renommée mondiale », des « plateformes dynamiques » au service des scientifiques, et un réseau d’entreprises « fortes et engagées » qui propulsent ledit pôle vers toujours plus d’excellence tout en fédérant les acteurs de la région et parfois au-delà.

« Dans une économie mondiale de plus en plus concurrentielle, la France a lancé en 2004 une nouvelle politique industrielle qui mobilise les facteurs clefs de la compétitivité, au premier rang desquels figure la capacité d’innovation », annonce l’État sur son site dédié aux pôles de compétitivité. Leurs missions s’articulent autour d’un triptyque complémentaire : développer les activités industrielles, soutenir l’emploi et cultiver la recherche.

Des résultats à la hauteur

Globalement, les pôles de compétitivité français affichent des résultats qui se veulent à la hauteur de leurs ambitions. LyonBiopôle se présente comme l’un des six pôles mondiaux, notamment sur le sujet des maladies infectieuses. PolePharma, le cluster installé dans la région Centre, revendique 27 000 emplois et 53 % de la production de médicaments dans l’Hexagone. Il a donné naissance à PharmaValley, son bras armé pour la conquête du marché mondial.

Depuis le lancement de la politique des pôles de compétitivité en France, les efforts semblent ainsi porter leurs fruits. Les pôles permettent une émulation de la concurrence entre les membres tout en portant des projets communs. Ils permettent aussi de réussir là où la plupart des chefs d’entreprises français échouent : chasser en meute. Les pôles se révèlent plus attractifs et plus fiables aux yeux des potentiels financeurs. LyonBiopole affirme ainsi être financé à plus de 50 % par des acteurs privés.

Des résultats concrets sont nés de ces initiatives. Un institut de recherche technologique (l’IRT)  a vu le jour suite à la collaboration de LyonBiopole, l’Institut Pasteur et Medicen, preuve que les différentes structures sont également capables de travailler de concert. Cancer-Bio-Santé a réussi à faire avancer la recherche dans plusieurs domaines, notamment les traitements de certains cancers du sang, la réduction des risques de métastases ou encore les usages thérapeutiques des anticorps. Le projet Anubis, porté par le pôle alsacien, a abouti en 2007 à la première opération sans cicatrice. Suite à ce succès, Alsace BioValley a formé plus de cinq cents médecins du monde entier à ces techniques, avec l’ambition de faire de la France le leader en la matière. NexGenix Pharmaceuticals, un laboratoire américain, spécialisé dans le développement de nouveaux médicaments pour le traitement du cancer et des maladies dégénératives s’est implanté en France, et plus précisément à Strasbourg, pour pouvoir profiter de la proximité de ce pôle.

Les pouvoirs publics ne comptent donc pas s’arrêter en si bon chemin. Un troisième appel à projets de R&D structurants des pôles de compétitivité (PSPC) a été lancé en avril 2013 et reste ouvert jusqu’en mars 2014. L’enveloppe annoncée par le gouvernement : 280 millions d’euros.

Pour aller plus loin :

http://www.pharmavalley.fr

http://www.lyonbiopole.com

http://www.alsace-biovalley.com

http://www.medicen.org

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