Télémédecine 360 : une start-up spécialisée dans la télémédecine

Télémédecine 360 : une start-up spécialisée dans la télémédecine


É
lément clé du systèé de demain, la télémédecine se déploie progressivement en France et à linternational. Pour suivre le développement de ce marché prometteur me de santet ses applications concrètes, le site Télémédecine 360 propose aux acteurs une information fiable aussi bien sur les aspects médicaux qu’économiques de la médecine à distance. Entretien avec son co-fondateur, Robin Ohannessian, médecin interne de santé publique et principal rédacteur du site.

Pourquoi avoir créé un site d’information sur la télémédecine ?

Le projet est parti du constat du manque d’informations pertinentes et médicales sur le sujet de la télémédecine dans les médias français, aussi bien généralistes que spécialistes en santé. Télémédecine 360 vise à informer tous les acteurs francophones qui œuvrent dans ce domaine, mais propose également de former les professionnels de santé et décideurs aux pratiques et aux enjeux de la télémédecine, de conseiller les acteurs pour sa mise en œuvre, et enfin d’évaluer les différentes activités de télémédecine.

Comment se développe le secteur de la télémédecine en France ?

Nous sommes dans une phase d’entre-deux, mais ascendante. Suite à l’introduction de la télémédecine dans le code de santé publique par la loi HPST en 2009 (article 78), une stratégie nationale de déploiement lancée en 2011 a été pilotée par la DGOS*. Des expérimentations sont donc en cours. Prochainement, nous devrions assister à la mise en place des groupements hospitaliers de territoires (GHT) qui vont avoir besoin de pratiques de télémédecine entre établissements. Si la France compte aujourd’hui plusieurs acteurs industriels dans le domaine de la télémédecine, le développement d’un réel marché en France est suspendu à la création d’actes rémunérés par l’Assurance maladie.

Quels sont les pays les plus en avance en matière de télémédecine ?

Il est intéressant de constater que chaque pays développe la télémédecine de façon différente en fonction de son système de santé. En France, il s’agit d’un développement concerté, planifié et régulé directement par l’administration. Les pays du Nord de l’Europe sont des pionniers puisqu’ils ont eu très tôt des besoins compte-tenu de leur géographie. Les États-Unis ont par ailleurs une approche plutôt libérale de la télémédecine. Les actes de télémédecine sont notamment remboursés par les assureurs privés et la régulation se fait par le marché. Le Canada, le Brésil et certains pays africains présentent eux aussi des réseaux de télémédecine structurés ou en cours de structuration.

Comment les laboratoires pharmaceutiques peuvent-ils s’impliquer dans le développement de la télémédecine ?

La tendance actuelle dans le secteur pharmaceutique consiste à développer des services notamment digitaux en lien avec les médicaments commercialisés. Par exemple, Sanofi expérimente déjà la télésurveillance pour le diabète avec le système Diabeo. Ce type de services apporte de la valeur ajoutée. Les industries du médicament pourraient participer à la mise en place de réseaux de spécialistes et de communautés de patients avec des applications de télémédecine dédiées. Que le développement de ces services se fasse de façon publique ou privée, la preuve de l’impact clinique devra être apportée de même que la faisabilité de mise en œuvre, de déploiement et de financement.

Quel peut être l’impact du développement de la télémédecine sur l’industrie du médicament ?

Dans la perspective d’industries du médicament se développant en fournisseurs de services de santé, la mise en place de services de télémédecine pourrait permettre aux industriels de recueillir plus de données sur l’utilisation des médicaments, permettant des analyses plus précises de l’observance, de l’efficacité ou de la sécurité par exemple. Comme toute solution numérique de santé, l’enjeu du contrôle, de l’utilisation et de la valorisation des données générées par les plateformes de télémédecine sera crucial pour les prochaines années.

http://www.telemedecine-360.com/
*Direction générale de l’offre de soins.

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