Télémédecine : comment développer ce dispositif en France ?

Télémédecine : comment développer ce dispositif en France ?

En septembre dernier, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé vouloir faciliter « les organisations innovantes » pour lutter contre les déserts médicaux. Une des pistes privilégiées : la télémédecine. Lancée il y a 7 ans, elle demeure encore anecdotique en France.

Qu’est-ce que la télémédecine ?

La télémédecine désigne les actes médicaux, réalisés à distance, au moyen d’un dispositif utilisant les technologies de l’information et de la communication (Cf. Article R. 6316-1 du Code de la Santé Publique). La téléconsultation médicale permet par exemple à un neurologue d’examiner à distance un patient, avec l’aide d’un praticien sur place si nécessaire, et de confirmer le diagnostic et l’indication du traitement.
La télésurveillance requiert des outils permettant d’enregistrer, en temps réel, les constantes d’un patient, de les transmettre ensuite à un professionnel médical qui les interprète à distance et, le cas échéant, prend des décisions relatives à la prise en charge de ce patient. Enfin, la téléassistance permet à un professionnel médical d’assister à distance un autre professionnel de santé au cours de la réalisation d’un acte type chirurgie ou imagerie médicale.

Seulement 2% de Français ont déjà expérimenté une consultation médicale à distance par écran interposé. Pourtant la moitié d’entre eux est favorable, conscients de ses avantages : données sécurisées, réduction des délais de prise en charge et accès aux soins facilité. Malgré ses atouts, il existe plusieurs obstacles techniques, institutionnels et économiques à sa généralisation.

Trois obstacles au déploiement de la télémédecine

Premier frein au déploiement de la video-consultation : une couverture internet insuffisante sur 40% du territoire pour développer cette technologie. Le plan Haut Débit pour tous dès 2020 devrait remédier à ce problème.

La seconde contrainte au développement de la télémédecine est le délai pour obtenir une autorisation délivrée par l’Agence Régionale de Santé, qui est de 18 mois en moyenne. Sur trois cents projets pilotes depuis 2009, seulement une poignée est aujourd’hui autorisée à exercer cette activité.  » (Les ARS) sont frileuses et voient d’un mauvais oeil l’arrivée de sociétés privées sur le secteur.  » selon Mathilde Le Rouzic, co-fondatrice de Hellocare, solution de téléconsultation. Cette dernière demande au gouvernement de mettre fin à l’obligation de passer un contrat avec une ARS.
À moins d’avoir passé des conventions de prise en charge avec des tiers payeurs (mutuelles, employeurs) pour rembourser cette téléconsultation, la plateforme ne peut proposer que des services de téléconseil. Le médecin n’a alors pas accès au dossier médical du patient et il ne peut pas délivrer d’ordonnance. Les professionnels de l’E-santé souhaitent donc un remboursement généralisé des actes en ligne.
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale, voté fin 2017, va dans ce sens car il souhaite accélérer l’inscription de nouveaux actes au remboursement. Les négociations entre les différents acteurs du secteurs sont en cours.

Enfin, le manque d’incitation financière n’encourage pas les médecins à se lancer dans l’aventure de la télémédecine. A cause de la distance et de plusieurs connections informatiques nécessaires, une consultation digitale requiert plus de temps qu’une consultation traditionnelle. En ce début d’année, la donne change : les médecins qui choisiront de pratiquer à distance recevront une indemnité.
Le déploiement de la télémédecine permettrait un meilleur accès aux soins aux 2,5 millions de Français qui vivent dans un désert médical.

 

Pour aller plus loin :

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-173922-deploiement-de-la-telemedecine-aujourdhui-quels-sont-les-freins-en-france-2116001.php

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/qu-est-ce-que-la-telemedecine-que-le-gouvernement-veut-developper-7790503947

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