Médicaments : comment améliorer l’information ?

Médicaments : comment améliorer l’information ?

Suite au rapport « mission information et médicament » lancé fin 2017, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn a annoncé plusieurs mesures afin de renforcer l’efficacité de l’information sur le médicament.

Un bilan à charge, des solutions proposées

La crise sanitaire du médicament pour soigner les troubles de la thyroïde l’année dernière a dévoilé une « absence d’anticipation et de réaction » des autorités. Et ce, malgré de multiples alertes sur les réseaux sociaux, en cabinet médical et en pharmacie. Des milliers de patients se sont déclarés mal informés sur le changement de composition du traitement et près de 500.000 personnes se sont tournées vers un médicament alternatif, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).
Pour améliorer l’information transmise aux patients, Agnès Buzyn propose la création d’une plateforme Médicament Info Service en y intégrant la base de données publique des médicaments, et les informations du site : medicaments.gouv.fr. Une ligne téléphonique sera destinée aux professionnels de santé pour répondre à leurs questions ou signaler des effets secondaires alarmants.
Cette information se veut transparente, des associations d’usagers siègeront donc au sein du Comité économique des produits de santé (CEPS) qui fixe les prix des médicaments.

Encourager la remontée d’informations

Autre solution pour améliorer l’information du grand public : mieux coordonner les soins entre les prescripteurs et les pharmacies d’officine. Le Dossier Médical Partagé (DMP) sera généralisé par l’Assurance maladie à partir d’octobre 2018.
Une stratégie de promotion de déclaration des événements indésirables sera mise en place. Des « signaux faibles d’alerte », émanant par exemple d’un hashtag sur les réseaux sociaux (un mot-clé précédé du signe dièse # qui permet de retrouver tous les messages d’un microblog qui le contiennent) en dehors du système traditionnel de pharmacovigilance, seront collectés à l’aide de nouvelles technologies.
En cas d’alerte, l’ANSM pourra communiquer rapidement via le centre d’appui aux situations d’urgence, aux alertes sanitaires et à la gestion des risques (CASAR) mis en place fin 2017. La liste de diffusion DGS-urgent permet aux professionnels de santé de recevoir automatiquement des messages les avertissant de problèmes sanitaires urgents, en cas d’épidémie ou pour le signalement de produits dangereux. Cet outil doit être progressivement étendu au secteur libéral.

Le Leem déplore un manque de collectif

Les entreprises du médicament regrettent que les industriels ne soient pas assez associés à ces mesures. Elles n’ont pas le droit de communiquer sur leurs produits en s’adressant directement aux patients. Ce principe de précaution, initialement instauré pour protéger l’usager de toute démarche publicitaire et commerciale, trouve ses limites lorsqu’un médicament fait l’objet d’une crise sanitaire. Le Codeem, Comité de déontologie et d’éthique des Entreprises du Médicament, recommande donc d’introduire une définition claire de l’information médicale et scientifique pour la distinguer de la publicité, et d’impliquer davantage les médecins, les pharmaciens, et les associations de patients au travers des nouveaux canaux digitaux pour relayer les communiqués.

 

Sources : 

https://www.mypharma-editions.com/medicament-remise-du-rapport-sur-lamelioration-de-linformation-des-usagers-et-des-professionnels-de-sante

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